|
CAP SUR LE VIEIL
OUEST
Des amateurs
d’armes et d’histoire recréent le mode de vie des
cow-boys.
Par Michèle DAY.
____________________________________________________
Lassiter, un
gunfighter doté d’une réputation de dégaineur et tireur
rapide observe sa cible à distance.
« Pow,
pow….pow,pow,pow murmure t-il doucement, en agitant
l’arme préférée des cow-boys de l’age de dix ans, deux
doigts joints, pointés vers la cible.Lassiter,
cependant, n’a pas dix ans.
Lassiter, alias Tom Wildenauer,
responsable de maintenance en retraite, et armurier à
temps partiel, se tient parmi quelques 50 cow-boys et
une paire de cow-girls au concours de tir cow-boy du
Middletown Sportman’s Club.
Membres des Big Irons Rangers, habillés en tenues Old
West, et connus par des pseudonymes tel que Union Jack
Watson et Dance Hall Doc, ils se rassemblent au club le
premier samedi de chaque mois pour pratiquer le tir dans
le style cow-boy.
Ce sport est appelé « Cow-boy Action Shooting » ; Il a
débuté en 1981, en Californie, et ses pratiquants disent
qu’il est un des sports qui s’est développé le plus vite
dans le pays.
Le website national de la Single Action
Shooting Society,
http://www.sassnet.com/
comptabilise plus de 350 sections présentes dans les 50
états.
Pour incarner le personnage de
Lassiter, Monsieur Wildenauer porte deux répliques de
« single action revolver » du genre de ceux utilisés par
les vrais hors-la-loi de l’Ouest Sauvage, dans les
holsters de son ceinturon.
Une autre reproduction d’arme du 19 ème
siècle, un fusil cette fois-ci, et un fusil de chasse de
marque Winchester, fabriqué au tout début des années
1900 sont stratégiquement placés à portée de main.
Toutes ces armes, à l’exception du
fusil de chasse, sont chargées.
Les tirs de Lassiter avec ses doigts
sont une sorte de simulation de tir, lui permettant de
se concentrer.
Il se rapproche de la palissade, en face
des cibles, et il est maintenant prêt à jouer au cow-boy
pour de vrai.
« Let’s go to Silverado, Slim »,
déclare t-il, et un « bip » signale que le décompte du
temps est déclenché.
Il tire rapidement six coups avec son
fusil de chasse, puis, sans une seconde de pause, tire
10 coups à l’aide de son fusil, et conclut avec 10
autres coups tirés avec ses revolvers.
Avec ses pistolets, il alterne les tirs
de chaque main, à la façon des duellistes de l’époque.
« 29 secondes 19, net » annonce
l’arbitre, confirmant la rapidité et la précision du tir
de Lassiter.
Les membres du club ont construit le
« Big Iron Corral », une série de sept parcours de tir
qui imitent des lieux tirés directement
du Vieil Ouest, ou de leur version revue par Hollywood.
Il y a une cabane de bois, une
« cantina », une prison, un corral, un pont de bois, une
banque accolée à un salon de coiffeur barbier, ainsi
qu’un chariot placé le long d’une clôture.
A chaque épreuve, les compétiteurs
doivent tirer les cibles selon une séquence précise,
utilisant des variations spécifiques de fusils,
revolvers, fusils de chasse.
Les meilleurs temps gagnent, mais les
tireurs perdent des secondes de pénalités pour avoir
raté leurs cibles, ou les avoir touchées dans un ordre
différent de celui prévu.
Les membres des Big Irons viennent
d’horizons très différents. Ils sont avocats ou
pasteurs, ouvriers ou employés de bureau.
Les tranches d’age vont de l’adolescence
au troisième age.
Mais la plupart des tireurs racontent
des expériences similaires à celles de Mike Marconet de
Wilmington, dont le pseudonyme de tireur est Coyote Kid.
M. Marconet, 51 ans, a grandi avec la
chasse comme sport, et comme adulte a adopté le tir à la
cible. Puis, en 1996, des amis lui ont suggéré d’essayer
le « tir cow-boy ».
« C’était la chose la plus amusante
que j’avais jamais faite » déclare- t’il alors qu’il
attend son tour au parcours « de la banque et du
barbier » à Middletown. Il aime l’esprit cow-boy.
« Nous avons tiré en selle sur un
cheval (de bois) mobile, suspendu à des câbles. »
déclares t’il. « Nous avons tiré depuis l’intérieur
d’une baignoire, depuis l’arrière d’une dépendance, le
siège d’un chariot. Nous avons même tiré depuis un pont
suspendu. ».
C’est sûr, de telles cascades sont
habituellement le lot des jeux de gosses. Mais vous
n’êtes jamais trop vieux pour vivre vos rêves d’enfance,
dans lesquels vous étiez un cow-boy, dit-il.
« J’aimais les cow-boys…quand j’étais
gamin », avoue Monsieur Marconet. « Nous avions
l’habitude de faire notre propre arc et nos flèches.
Nous jouions à être le Ranger Solitaire, Roy Rogers, Sky
King. Ces émissions de télévision étaient nos émissions
favorites. ».
« J’aurai souhaité seulement être un
peu plus jeune quand j’ai découvert ça », déclares t’il.
La compétition est
réelle.
En costume, M. Marconet pourrait
sembler être un acteur sorti du film Tombstone : en cuir
marron, ses chaps à ailes de chauve-souris recouvre ses
jambes, et des éperons de bronze brillent à l’arrière de
ses bottes de cow-boy. Il porte une paire de revolvers
Colt Single Action dans son ceinturon à double
holsters, et son chariot à arme contient un fusil Yellow
Boy, et un fusil de chasse Winchester modèle 1897.
Il est très content de sa présentation,
mais moins satisfait de ses tirs.
« Je n’ai pas tiré depuis deux
semaines » déclare le charpentier et transformateur. «
C’est comme tous les sports, vous devez pratiquer si
vous voulez être bon ».
Il tire une bouffée sur sa cigarette,
et souffle la fumée par dessus le bord de son chapeau de
cow-boy.
« Mais quelquefois, nous devons
travailler au lieu de nous amuser ». M. Wildenauer,
cependant, manque rarement une journée d’entraînement.
Il a été un tireur et compétiteur de haut niveau pendant
de nombreuses années, et a gagné de nombreuses
compétitions et titres départementaux et nationaux, dans
des compétitions de tirs rapides.
Il est si décidé à conserver sa
dextérité qu’il a construit plusieurs parcours de tir
près de chez lui, à New Lebanon.
Quand il concourre, il est un exemple
de concentration. « Je me focalise sur les cibles et la
visée » explique t’il. « Ce qui passe dans mon cerveau,
c’est : cible, visée, presser la détente ; Vous devez
restez concentré sur ce que vous êtes en train de faire,
et ne pas vous précipiter, car la vitesse tue ».
« Le grand principe est de rester
concentré » répète t’il. « Quand vous perdez votre
concentration, c’est l àque vous manquez votre cible ».
Malgré son évidente habitude des
compétitions, M. Wildenauer affirme que la philosophie
de « la recherche du plaisir avant » tout qui existe au
sein du tir western est ce qui le séduit le plus.
« Nous somme en compétition, mais pas
pour autant assoiffé de sang », dit-il, « si vous avez
un problème de n’importe quelle sorte, les gens vous
prêtent leurs armes, leurs munitions. Ils vous donneront
des conseils. Vous verrez des concurrents parler en tête
à tête et partageant leurs stratégies. Je ne pense pas
avoir jamais vu cela dans aucun autre sport ».
Vickie Fulle, alias Millie Nelson,
explique : « l’Esprit du Jeu est que vous ne soyez
jamais un problème pour qui que ce soit ». Les trois
observateurs qui supervisent la compétitions sont les
seuls qui peuvent dire combien de fois un tireur a
manqué la cible. « Chacun encourage plutôt les autres »
dit-elle. « Il n’y a pas de disputes ».
Mieux que le golf.
Madame Fulle et son mari Mark, (alias
Larkin Skaggs), ont fait le voyage de Middeltown depuis
Richmond, Indiana, pour la compétition de samedi. Ils
tirent ensemble depuis quatre ans, se déplaçant sur les
concours dans un rayon de 100 miles autour de chez eux,
nous dit-elle.
Je suis fana de costumes et de tir »,
déclare t’elle. « C’est quelque chose que nous aimons
faire ensemble. Mon mari jouait au golf, mais je n’avais
aucun plaisir à aller avec lui. Maintenant, nous nous
déplaçons pour tirer tous les week-ends ».
Elle observe un concurrent exécuter un
tir assourdissant à travers la fenêtre d’une prison,
puis ajoute » j’ai toujours aimé les cow-boys ».
« Au début, je sursautais au bruit des
tirs, mais vous prenez l’habitude ». Elle a aussi pris
l’habitude de manier de lourdes armes à feu. Mais elle
semble encore plus enthousiaste par le coté fantaisie
qu’offre la partie western de ce sport.
Elle et son mari ont effectués quelques
recherches et ont choisis leurs alias sur la base de
véritables personnages du Vieil Ouest.
La famille de Millie Nelson a aidé le
gang du « Hole in the Wall » à se cacher, dit-elle. Et
Larkin Skaggs, l’alias de son mari, était un hors-la-loi
tué dans une fusillade.
Elle garde son personnage, une cow-girl
de la classe sociale des travailleurs, en tête
lorsqu’elle court les boutiques de solderie pour trouver
des vêtements à caractère authentique.
Aujourd’hui, elle porte une jupe de
velours marron, une veste western, un jupon, des bas et
des chaussures montantes à lacets.
« C’est très confortable » dit-elle.
Mme Fulle fait partie de la poignée de femmes à ce
concours, mais insiste t’elle, le cow-boy action
shooting est loin d’être un monde d’homme uniquement.
« Je pense que les femmes apprécient
réellement ce sport, autant que les hommes, peut-être
même encore plus à cause des costumes », déclare
t’elle.
Descendons
les stéréotypes
Cependant, les membres des clubs sont
sensibles aux stéréotypes négatifs avec lesquels les
gens considèrent les amateurs d’armes.
« Nous sommes des gens responsables qui
sont quelquefois caricaturés comme quelque chose de
différents de ce que nous sommes » déclare Donald
Hoffman (alias Dusty Feller) de West Chester.
« C’est un passe-temps. Des gens jouent
aux cartes, d’autres font du tir ».
M. Hoffman, qui possède une société qui
représente un fabriquant de machine-outil, déclare que
les gens qui pratiquent le tir sont parmi les plus
agréables à fréquenter.
« Vous savez comment c’est quand les
gens ont l’habitude d’ouvrir la porte pour une femme, et
disent quelque chose comme « merci Madame », C’est la
façon de se comporter de tous ces gars » dit-il faisant
un grand geste englobant un rassemblement de cow-boys.
M. Marconet continue sur ce thème.
« Les gens ne réalise pas combien cette
activité peut-être amusante ; ce sont des gars qui
jouent avec de vraies armes et ont du plaisir avec ça,
mais personne ne risque d’être blessé ».
|